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La faible flamme de la bougie éclaire le petit salon. Assis sur la méridienne Stanislas s’affaire, garrot entre les dents, il manipule aiguilles et solutions transparentes. La seringue hypodermique pénètre le creux de son bras perçant doucement les vaisseaux. L’opium monte en quelques seconde à son cerveau, embrumant son esprit. Se saisissant alors de son petit carnet noir, il griffonne quelques vers. Le toxique l’inspire. « Finalement l’homme s’endortPour cuver l’extatique ivresseQui l’enveloppe de paresseEt l’éblouit de songes d’or » La lumière artificielle du lampadaire éclaire le petit square municipal. Assis sur son banc Stan s’agite, garrot entre les dents, tremblant il prépare sa steribox. La seringue hypodermique pénètre le creux de son bras perçant doucement les vaisseaux. L’héroïne monte en quelques seconde à son cerveau, embrumant son esprit. Sa tête tombe en arrière. Soudain, il entend des cris, au loin les hommes en bleu, bâtons noirs levés hurlent « Dehors les toxicos ». Depuis toujours l’homme cherche à modifier ses états de conscience. Breuvages divins, boissons chamaniques, poisons sociétaux : les psychotropes évoluent singulièrement selon les lieux et les époques. Introduit comme une panacée les produits psychotropes semblent soigner tous les maux, Catherine de Medici utilise ainsi le tabac pour guérir ses migraines
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En 1772, le chimiste Joseph Priestle découvre le N20 ou protoxyde d’azote, un gaz inodore appartenant aux oxydes d’azote. 25 ans plus tard, Humphrey Davy décrit les sensations « hilarantes » qu’il ressent à son inhalation dans une « vessie » en caoutchouc.

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Reprendre ses notes c’est trier ses pensées, démêler son esprit pour en extraire un fil conducteur, articuler ses réflexions. Relire le petit carnet noir, c’est découvrir un univers focalisé, ses derniers mois, sur la solitude, où les thèmes de l’isolement et de la rechute semblent s’y dégager. Aborder l’expérience de l’isolement au moment du « dé-confinement » me parait logique, car si la vie repart, il ne faut pas oublier.

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Six mois qu’elles se succèdent dans mon bureau, six mois que mon carnet de moleskine se rempli d’histoires, six mois de trajectoires déchirantes comme leurs peaux se fissurant au contact anguleux de leurs os saillants. Le contact débute toujours par une longue lettre souvent manuscrite, parfois dactylographié : un bref aperçu de leurs vies, une marque – s’il en est – de leurs motivations à la prise en charge.

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Enfermé, isolé et terrifié par cette vague mortelle et virale, nous nous surprenons à rêver nature, espace et grand air. La lecture permet alors de s’échapper pour rejoindre Frison-Roche et sa conquête des sommets. L’alpinisme, cette discipline mêlant aventure et rigueur a suscité récemment mon intérêt, et comme à mon habitude, c’est par l’angle psychiatrique que j’ai attaqué le sujet.

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Alors que votre neveu déballe son cadeau, au pied du sapin familial, et découvre les 64 cases blanches et noires composant le plateau que vous lui avez offert, vous songez encore à la nouvelle série Netflix « le jeu de la dame ». Rendre vivant des pièces immobiles est un pari risqué qu’ont gagné Scott Frank et Allan Scott, remettant par la même occasion au gout du jour l’échiquier millénaire. Les sept épisodes que composent cette mini-série posent ainsi de nombreuses questions : qu’est-ce que le génie ?

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Nombreux sont ceux qui basent leurs argumentaires, leurs réponses sur la psychologie, en psychiatrisant les défenseurs de la théorie du complot. Si ce type de comparaisons stigmatise les patients psychiatriques, elles s’éloignent aussi, purement et simplement de la réalité clinique et scientifique de la définition du délire. Cet article a donc un simple objectif : distinguer croyances et idées délirantes. Croire, accorder crédit au complotisme n’est en aucun cas synonyme de maladie mentale, éloignons-nous de cette idée reçue pour améliorer le débat.

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« Que distinguez-vous sur cette radio, Monsieur l’externe ? », le torse bombé, la tête haute, il me toisait du regard. Premier souvenir d’externe, dernier souvenir de PU-PH. Coïncidence que ma première visite professorale soit la dernière de sa carrière. Massé derrière lui, le service de pneumologie ne faisait qu’un. Chacun avait son rôle, les pièces s’encastrer parfaitement, la machine était fonctionnelle et bien huilée. L’infirmière lisait les pancartes, l’interne présentait le patient, le chef de clinique acquiesçait et l’externe, lui, répondait aux questions.

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Le visage marqué, une tâche de café sur sa blouse, il sort de garde. Il s’assoit, fouille sa poche intérieure pour en sortir un de ces nouveau paquet neutre. L’allumette craque, la fumée s’élève tout comme la douce nicotine qui apaisera son esprit fatigué. Portable à la main, air-pod enfoncés, il active la « lecture aléatoire » : les notes synthétiques du nouvel album de Bleu Toucan commence à le réveiller : « Le Hublot », titre parfait pour s’évader, quitter un instant les murs grisâtres de cet hospice parisien.

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Voilà donc deux mois que j’occupe le rôle si particulier d’interne en « psychiatrie de liaison ». C’est en 1939 que ce terme apparait pour la première fois sous la plume d’E.-G Billings, détaillant son activité au sein d’une des cinq unités psychiatriques d’un hôpital général des états unis. Depuis le début du XXe siècle, la psychiatrie s’ouvre à d’autre champ d’action que ceux de « l’aliénation » et s’installe notamment au sein des hôpitaux généraux.

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